La basilique

La basilique actuelle remonte au 17e siècle, mais elle regroupe des éléments qui s’étalent du 11e au 21e siècle. Elle est la neuvième église établie sur ces lieux. Les fondations des précédentes sont visibles sur le site du Martolet.

En entrant, le visiteur est frappé par le rythme donné par les arcs gothiques et leurs colonnes qui sont en partie des éléments récupérés d’églises plus anciennes. La colonnade ouest est interrompue par la tour romane présentant l’entrée de l’église du 11e siècle. La basilique a été restaurée entre 1946 et 1949, selon les plans de l’architecte Claude Jaccottet.

plan de la basilique

Pour marquer le jubilé de l’an 2000, l’Abbaye a demandé à deux artistes de réaliser une nouvelle porte principale. À l’extérieur, Philippe Kaeppelin a représenté le Christ de l’Ascension surplombant les soldats thébains.
Sur la face intérieure, les deux battants s’ouvrent comme un livre. Madeline Diener y a inscrit dans une croix, en 27 écritures et langues différentes, les noms de 272 martyrs, de l’Église primitive à nos jours.
Le portail de bronze a été béni le 6 juin 1999 par Mgr Henri Salina, abbé de Saint-Maurice.

Les chapelles latérales de la basilique sont dotées de vitraux d’Edmond Bille, terminés en 1955. L’artiste les a imaginé comme une « tapisserie lumineuse » sur le Martyre ; à partir du fond de la nef : l’histoire de la légion depuis l’Egypte jusqu’au massacre, puis l’ensevelissement et le développement du culte. Avec la même idée, mais dans un esprit plus discret et symbolique, Jean-Pierre Coutaz a réalisé les vitraux de la haute nef en l’an 1999 ; leur style non figuratif symbolise le martyre de la légion thébaine.

En 2015, pour ses 1500 ans, l’Abbaye s’est dotée d’une porte jubilaire, ayant un caractère plus intime. En disant « Viens », en inscriptions bibliques, elle invite ses hôtes à une découverte de la présence de Dieu dans l’église et en soi. En disant « Va » à ceux qui veulent sortir, elle les envoie vers le monde « en-deçà des étoiles ». Ces dernières sont évoquées par le vitrail du zodiaque surplombant la porte (Edmond Bille). Jean-Pierre Coutaz signe la réalisation de cette porte.

Lors de la restauration de la basilique de 1946 à 1949, de nombreuses chapelles ont été aménagées pour permettre la célébration des messes individuelles.
Le retable d’autel (Willy Vuilleumier, 1963) de la chapelle des Abbés évoque le souvenir de trois saints abbés de l’époque des origines du monastère : saint Séverin, saint Ambroise et saint Amé.
Le caveau funéraire des abbés de Saint-Maurice a été installé dans cette chapelle. Les noms des derniers abbés décédés ont été gravés sur les dalles.

Devant les vitraux où rougeoie le massacre de la légion thébaine, la chapelle du Martyre est un lieu dédié à la vénération des reliques des saints et à la prière avec eux, autour d’eux, au milieu d’eux.
Sur leurs stèles, les reliques sont déposées dans des coffres dont les grilles « révèlent sans dévoiler ». Ces moucharabiehs sont en bois et composés à partir de motifs traditionnels des cultures de plusieurs lieux du monde. Ces expressions artistiques rappellent le caractère universel de l’Église dont sont témoins les martyrs.
La croix, profilée en lumière, donne le sens spirituel ultime de toute cette « mise en scène » (Jean-Marie Duthilleul, 2014).

De 1946 à 1949, la basilique a été agrandie de trois travées vers le Nord. Ces travaux de restauration ont permis de placer un magnifique orgue remplissant d’une manière harmonieuse le fond de l’édifice. Cet instrument de 72 jeux et 5000 tuyaux a été inauguré en 1950. L’histoire de cet orgue est liée à la personnalité du chanoine Georges Athanasiadès, organiste titulaire depuis 1960.
En 1985, un legs généreux permis l’installation d’un orgue de chœur de 14 jeux, lui aussi construit par la maison Kuhn.

La prière rassemble plusieurs fois par jour les chanoines au chœur de la basilique. Les religieux prennent place dans les stalles baroques (Alexandre Mayer, 1706) et célèbrent la messe sur un imposant autel en pierre noire conçu par l’architecte Jean-Marie Duthilleul lors de la restauration de 2005. La prédication se fait depuis un ambon mérovingien sculpté d’une croix ornée de raisin et de blé.
Le regard du visiteur est attiré par la mosaïque située au fond de l’abside et représentant l’offrande de saint Maurice (Maurice Denis, 1920).

Au rez de la tour romane se trouve le baptistère, sorte de « livre saint imagé », une catéchèse sur le baptême créée par Madeline Diener. Du centre de la fontaine (1987), dont les trois lobes renvoient au Dieu-Trinité, l’eau s’écoule en 7 sillons – les sacrements – sur la création (évocations de la Genèse).
Tout autour, les mosaïques (1994) présentent les grands thèmes bibliques du baptême : le déluge, la traversée de la mer Rouge, Jonas, la Samaritaine, l’Agneau de l’Apocalypse…