Lieu : Basilique de Saint-Maurice à 11h15
Le chanoine Ignace Farine est décédé le 2 mai 2008, le jour de la fête de Saint-Sigismond. Une année plus tard, nous célébrons une messe anniversaire le samedi 9 mai 2009 à 11h15 à la Basilique.
Pour évoquer la mémoire de ce personnage fort attachant, nous reproduisons ici l'hommage rédigé par Mgr Joseph Roduit au moment de son décès.
Monsieur le chanoine Ignace Farine
9 septembre 1921 — 2 mai 2008
Il y a des êtres capables de prendre de l’âge sans vieillir pour autant. Le chanoine Ignace Farine était de cette trempe-là. Jusqu’au bout de sa vie, il aura été un homme de feu. C’est d’ailleurs la signification de son prénom, quelqu’un qui est capable de transmettre une flamme.
Né à Montfaucon, ce village dont il était originaire, il était fier d’être franc-montagnard et son attachement à sa famille révélait aussi un attachement à une enfance vécue dans la simplicité, le service et l’entraide. Ses jeunes années, il les a passées entre les deux guerres mondiales. Après ses écoles dans son village, il étudie au collège Saint-Charles à Porrentruy. Puis il vient à Saint-Maurice pour y passer son examen de maturité. Il entre à l’abbaye en 1941, à l’âge de 20 ans. Il y étudie la théologie et est ordonné prêtre le 6 avril 1946. Il célèbre sa première Messe en même temps que son frère le Père Gonzague Farine avec qui il restera lié tout au long de sa vie sacerdotale et religieuse.
Pensant pouvoir partir en mission, il étudie d’abord durant une année en Angleterre, mais sa santé l’obligera à un stage à Leysin, où il deviendra très tôt aumônier des pensionnaires de la station où le soleil guérissait bien des patients. Il y fera l’apprentissage de l’œcuménisme qui marquera sa vie pastorale. Soleil de la nature, mais surtout soleil rayonnant de son cœur de prêtre enthousiaste.
Curé de Vérossaz d’octobre 1949 à octobre 1951, il revient à Leysin où il va exercer son ministère durant 27 ans soit comme aumônier, soit comme curé de paroisse. Curé de Salvan de 1978 à 1984, puis d’Evionnaz de 1984 à 1994, il devient auxiliaire à la paroisse d’Aigle durant 13 ans encore. Ses années de ministère en paroisse marqueront sa personnalité, comme il a marqué bien des personnes, avant tout sur le plan spirituel.
L’automne dernier, il rentrait à l’Abbaye où sa culture religieuse toujours en éveil lui permettait de lire et de relire certains livres de théologie, de spiritualité ou encore de littérature profane, tout comme de continuer un ministère de proximité à travers le sacrement de Réconciliation et la direction spirituelle. Il est décédé subitement à l’Abbaye de Saint-Maurice le 2 mai 2008, au lendemain de la fête de l’Ascension.
Sa foi était sereine mais non sans inquiétude tant pour les dérives de ce monde que pour les positions par trop restrictives voire peureuses d’une vision étriquée de l’Eglise.
Esprit ouvert et plein d’espérance, il communiquait sa foi en soulignant ses convictions par un geste du balancement du corps que rééquilibrait aussitôt un bras ouvert généreux. Pour de nombreuses personnes, c’est une grâce d’avoir connu un tel prêtre. Pour notre communauté c’est une séparation douloureuse, mais elle l’est sans doute beaucoup plus pour sa famille qu’il portait affectivement et spirituellement dans son cœur.
Ignace s’en va avec son sourire mémorable, que ce sourire nous reste comme un exemple de courage et de sérénité à travers les joies et les peines de la vie.
Mgr Joseph Roduit