Elle date, pour l'essentiel du XVIIIe siècle. Les fouilles de la restauration de 1958-1959 ont mis à jour les fondations d'une chapelle antérieure datant probablement de la fin du VIIIe siècle déjà.
Dans une anfractuosité de la falaise qui domine la bourgade de Saint-Maurice, le regard est attiré par un édifice audacieusement construit à 90 mètres au-dessus de la plaine. Ce lieu évoque l'ermitage de saint Amé, un moine de l'abbaye toute proche, qui s'y réfugia au début du VIIe siècle. C'est la chapelle de Notre-Dame du Scex.
Si de nombreux ex-voto tapissaient les murs avant 1959, on en a conservé les plus beaux et les plus significatifs. L'autel en marbre noir présente une toile d'Edmond Chavaz qui exécuta aussi les vitraux en 1959. Mais au-dessus, dans une niche centrale on peut voir une merveilleuse petite statue du XIIIe siècle : une Vierge assise avec l'Enfant bénissant sur ses genoux. L'élévation jusqu'à ce sanctuaire par quelque 500 marches n'est pas que physique, elle est tout autant spirituelle.
Non loin de la chapelle, à la même altitude, se trouve un ermitage parfois habité par quelque chercheur de Dieu. La statue toute proche rappelle le premier ermite en ces lieux : saint Amé, de Grenoble.
Comme de nombreuses Vierges romanes, la statue en bois polychrome de la chapelle de Notre-Dame du Scex présente une Vierge assise avec l'Enfant Jésus sur ses genoux. Elle siège sur un trône royal et est couronnée. C'est elle que l'on invoque, depuis le moyen- âge, dans la litanie des Saints sous le vocable de Reine des anges, Reine des patriarches, Reine des prophètes, Reine des Apôtres, Reine des martyrs, Reine des vierges, Reine des confesseurs, Reine de tous les saints.
Le sculpteur du XIIIe siècle la présente un fruit dans la main droite, c'est le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Marie est la nouvelle Eve, la Mère des vivants. Comme Eve avait dit non à Dieu et ce fut l'origine de tant de maux, Marie dit Oui à Dieu et c'est l'origine de tant de grâces. Pour découvrir ce qui est bien ou mal, Marie montre qu'il faut savoir écouter la Parole de Dieu et la méditer dans son coeur. L'Enfant qu'elle présente est aussi couronné : il est de la descendance royale de David. Il est le Roi de l'univers. Il est le Roi du Royaume des cieux. Il lève la main pour nous bénir, avec trois doigts dressés, symbole de la Trinité et deux doigts repliés signifiant les natures du Christ : Il est homme et il est Dieu.